L'Incroyable destin de Harold Crick [2006 - 105']

[Stranger Than Fiction]
Harold Crick (l'excellent Will Ferrell) est un agent du fisc, un de ces fonctionnaires qui ne peut pas être plus ennuyeux. Cependant, sa vie de célibataire bien rangée est bouleversée un jour lorsque sa montre-bracelet décide de ... changer de rythme. Harold commence à entendre la voix d'une femme décrivant sa vie, c'est-à-dire tout ce qu'il fait, dans les moindres détails. Après des recherches, il se convainc qu'il est le personnage d'un roman et demande l'aide d'un grand spécialiste de la littérature contemporaine. Celui-ci (Dustin Hoffman) le guide dans la compréhension du genre littéraire dans lequel il vit, jusqu'à la découverte de l'écrivain Kay Eiffel (Emma Thompson). Mais malheureusement, les romans de l'écrivain se terminent toujours par la mort du personnage principal. À partir de la rencontre d'Harold avec Kay, le film passe d'une fable hollywoodienne contemporaine à une réflexion profonde sur la vie. D'une part, c'est la responsabilité de l'auteur qui, avec la création artistique, conditionne le public à travers ses personnages et leurs histoires. D'un autre côté, Harold, grâce au "roman" de sa vie, découvre la valeur de son histoire personnelle : combien de détails jusque-là insignifiants prennent de la valeur !

L'Incroyable destin de Harold Crick est un film réussi à tous les niveaux : de la mise en scène de Marc Forster (on peut citer ici Neverland, une autre excellente fable du réalisateur), à la performance des acteurs, au scénario particulièrement intelligent.
Il se prête à un débat sur le sens de la vie, sur la valeur des petits gestes du quotidien, sur le destin de chacun. Le film peut également être un excellent support pour les professeurs de littérature.
À partir de 14 ans.

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Twilight [2008 - 122 min.]

[ Chapitre 1 : fascination ]
Un film vraiment pas terrible, mielleux, avec une note moyenne du IMDB de 5,2 (donc très bas) mais qui a rempli les salles ...
Ce sont les filles de moins de 16 ans qui ont décrété le succès du premier Twilight (suivi du II, III, etc...). Beaucoup l'ont vu 2, 3, voir des dizaines de fois.
J'ai été intéressé par ce phénomène sur la suggestion de certaines animatrices qui voulaient aborder sérieusement le "phénomène Twliglight" avec des pré-adolescentes.
Vous trouverez ici le fruit de notre travail (LA FICHE) avec des suggestions pour un ciné forum "consistant" pour aider, en particulier les plus jeunes, à prendre un peu de recul par rapport à cette "colle affective".
À souligner - facteur dépressif supplémentaire - la prestation de Kristen Stewart dans le rôle de Bella, avec son manque "naturel" d'expressivité ... voir photo !
Certaines images peuvent être dérangeantes, en particulier une scène de combat entre vampires : donc le film n'est pas pour tout le monde.

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La Belle et la Bête [1946 - 96 min]

Adapté d'un conte de Jeanne-Marie Leprince de Beaumont, ce film peut être l'occasion de découvrir un grand classique du cinéma français. Bella, une fille simple au cœur pur, doit rester prisonnière de la Bête dans un étrange château. D'abord effrayée, Bella découvre progressivement la Bête, jusqu'à ce que celui-ci redevienne le prince du passé. C'est un film d'une grande poésie, utile pour un débat sur la relation entre amour et sacrifice.
Intéressant aussi le registre "apparences", qui bloquent parfois notre jugement et qui peuvent nous figer dans notre vie sociale.


C'est l'un des films les plus magiques jamais réalisés. Avant l'époque des effets "tout informatiques", voici un film réalisé avec des astuces et des effets étonnants, nous donnant une Bête solitaire comme homme et incomprise comme animal. Cocteau, poète surréaliste, ne faisait pas un "film pour enfants" mais adaptait un conte français classique qui, selon lui, avait un message spécial après les souffrances de la Seconde Guerre mondiale : quiconque a une enfance malheureuse peut devenir une bête. [ rogerebert en anglais ]

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Bienvenue à Gattaca [Gattaca - 1997 - 106']

L'un des films de science-fiction les plus intelligents et les plus provocateurs [rogerebert].

L'histoire se déroule dans le futur, où les êtres humains sont divisés en deux catégories : les valides, nés avec des caractéristiques génétiques parfaites, qui ont les rôles les plus prestigieux dans la société, et les invalides, relégués aux services les plus humbles. Vincent, qui est né sans recourir à la manipulation génétique, a des carences cardiaques et il est donc considéré comme invalide. Il veut à tout prix devenir astronaute et parvient, grâce à un subterfuge, à entrer dans Gattaca, le corps aérospatial. Vincent "achète" l'identité génétique d'un athlète valide qui est maintenant en fauteuil roulant suite à un accident. Suspense et rebondissements alternent tout au long du film, l'un des meilleurs films d'Andrew Niccol (S1m0ne, Lord of War).

* Un sujet intéressant pour un débat - en particulier avec des ados - serait la recherche de sa propre identité : suis-je satisfait de mon image ? Et de mon image "intérieure" ?
* Quelles sont les qualités positives que je rencontre quand je travaille à "façonner" mon image ? Dans le film, ils se nomment générosité, altruisme ou amitié et elles arrivent comme des imprévus : on peut les évoquer ensemble ...

Recommandé pour les 16 ans et plus, avec quelques scènes délicates ...

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Simone [S1m0ne - 2002 - 115 min.]

Simone est une comédie très agréable, adaptée à une soirée "détente" et, en même temps, pleine d'idées pour un débat. Le réalisateur Viktor Taransky (l'excellent Al Pacino) est très stressé : d'une part la star de son dernier film fait des caprices hystériques, d'autre part la production - dirigée par son ex-femme - lui impose des conditions de travail qu'il ne peut, en toute conscience, pas accepter. Une fois licencié, alors qu'il se débarrasse du matériel filmé (les "bobines" du film) dans le studio de production qu'il doit quitter, un informaticien en fin de vie lui propose d'expérimenter un programme qui lui permettrait de créer une actrice virtuelle. L'actrice connaîtra un succès retentissant, qui ira bien au-delà de ce que le réalisateur aurait pu prévoir.

Si aujourd'hui nous sommes habitués aux acteurs virtuels - par exemple les effets spéciaux de La Planète des singes rendent les chimpanzés d'un réalisme surprenant - Simone semble se situer plutôt fin des années 70, quand la différence entre réel et virtuel était encore clairement visible à l'écran. On comprend donc l'incrédulité que Viktor suscite quand il explique que Simone n'existe pas vraiment.

Le film se prête à des lectures multiples. Tout d'abord, la relation star / production / réalisateur, même si parfois exagérée dans le récit, nous plonge au cœur du fonctionnement des « majors », les grands studios de production cinématographique. Les dialogues et les monologues d'Al Pacino illustrent des aspects importants de l'histoire hollywoodienne. La disparition (une fausse mort prématurée) et le retour de Simone, est exactement ce qui est arrivé à la première star de cinéma. Le comportement hystérique des fans, alimenté par des journalistes sans scrupules, nous montre certaines limites de l'industrie du divertissement. Mais le sujet fondamental d'un débat réside dans la relation de chacun de nous au virtuel, notamment aux réseaux sociaux (Facebook etc.).

C'est la fille de Viktor qui posera la question fondamentale : qui a vraiment rencontré Simone ? On se rend compte alors que toutes les relations avec la star étaient basées sur une image mentale, un désir, une illusion. Une fois cette illusion « clarifiée », la famille de Viktor se recompose : un final style comédie américaine oui, mais peut-être utile pour le moral dans le temps présent.
À partir de 14 ans.

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Kérity la maison des contes [2009 - 80 min.]

Le patrimoine littéraire est placé au centre de cette histoire comme un trésor à conserver et à transmettre.

Chez sa tante, récemment décédée, Nat (Nathaniel) découvre une bibliothèque spéciale : les personnages des histoires peuvent prendre vie et sortir de leurs livres. Mais les héros de son enfance risquent de disparaître si Nat ne prononce pas une phrase magique qu'il doit lire à haute voix. Le problème est que Nat n'a pas encore appris à lire ...

Avec un ton clair et adapté aux enfants à partir de 6 ans, cette œuvre aux dessins délicats parvient à transmettre avec poésie la valeur de la culture littéraire, qui, à cet âge, est véhiculée par les grandes fables classiques. Ce conte se prête à un dialogue sur la vie de famille (p. e. le rôle des aînés qui lisent des contes de fées aux enfants) et sur la relation entre frère et sœur. En fait, la communication de Nat avec sa sœur Angélica - d'abord difficile - devient l'aide indispensable pour résoudre les problèmes. Nat réussira à faire revivre les contes de fées pour nous faire rêver, petits et grands.

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This Must be the Place [2011 - 118 min.]

Cheyenne (Sean Penn) a quitté la scène rock depuis vingt ans, après que ses chansons aient inspiré le suicide de deux adolescents. Toujours au bord de la dépression, la star irlandaise vieillit dans l'ennui le plus sombre, se traînant de sa maison de luxe à un centre commercial des plus banals, jusqu'au bureau du courtier qui gère son portefeuille en bourse. La patience et la vivacité de sa femme ne suffisent pas à le secouer de la torpeur. Vient ensuite la nouvelle de la mort imminente de son père qui vit à New York et avec qui Cheyenne a coupé tous les ponts depuis 30 ans. Les funérailles sont l'occasion de retrouver ses racines juives et de découvrir l'obsession qui habitait son père depuis de nombreuses années : la recherche d'un criminel nazi. Le voyage initiatique à travers les USA pour achever l'œuvre du père devient alors l'occasion de se réconcilier - au moins dans son intime - avec la figure paternelle. Cette réconciliation fait tomber le masque de la rock star, qui revient à Dublin transformée et prête à affronter la réalité dans une perspective positive.

"J'ai aimé l'idée de tourner un roman sur la formation d'un homme de 50 ans : voir un garçon de 50 ans progresser et qui, à la fin du film, devient vraiment un homme" (interview du réalisateur Paolo Sorrentino dans Positif).

D'une grande qualité cinématographique, l'itinéraire de cet homme déprimé, qui grandit et redécouvre le sens de la vie en pénétrant le mystère du drame de son père, a une esthétique particulière, qui a laissé certains critiques perplexes. Entre méditation et humour, Cheyenne est un poète que les adolescents apprécieront particulièrement. Pour le ton de l'histoire et l'excellente bande originale (David Byrne des Talking Heads est présent avec un super morceau), le film sera une bonne base de discussion avec les jeunes.
À partir de 14 ans.

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Dolls [2002 - 114']

Takeshi Kitano - surtout connu pour les films de yakuza (mafia japonaise) - nous invite à nous plonger dans la culture traditionnelle japonaise, à commencer par un spectacle de bunraku (marionnettes japonaises) dont le style imprègne l'ensemble du film, des costumes au rythme, aux éléments dramatiques.

Trois histoires s'entrelacent en presque deux heures : celle de Matsumoto, qui abandonne d'abord la femme qu'il aime pour un mariage de convenance. Mais il revient sur ses pas et consacre toute sa vie à son premier amour, qui a entre-temps perdu la raison. Pour éviter de la perdre à nouveau, il erre sans but avec elle, les deux attachés par une corde.

La deuxième histoire est celle d'un yakuza qui, dans sa jeunesse, a abandonné la fille qui l'aimait pour se consacrer plus librement aux activités mafieuses. Tout au long de sa vie, la fille l'attend à l'endroit où ils se sont quittés, jusqu'à ce que son homme revienne.

La troisième histoire est celle d'une pop-star défigurée par un accident de voiture et qui décide d'abandonner sa carrière pour ne plus se montrer en public. Son fan le plus dévoué fera tout pour pouvoir la rencontrer.

Le rythme du film - lent pour certains - nous permet d'entrer dans la vie et les choix des personnages, d'essayer de comprendre une abnégation romantique typique de cette culture. Parfois, les acteurs semblent évoluer sur la scène de la vie, manipulés par le destin comme des marionnettes. La qualité des costumes, les scénarios au rythme des saisons, la qualité des interprètes et le style narratif de Kitano font de son travail une véritable merveille. Si le symbolisme peut être un peu hermétique pour certains, le film se prête bien à débattre de la relation homme / femme et de la loyauté dans le couple.
À partir de 16 ans.

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Le Concert [2008 - 119 min.]

Un applaudissement à la fin de la projection dans un multiplex à Paris est un événement rare, mais il en dit long sur l'enthousiasme des spectateurs - une foule - qui participait à la projection de ce film de Radu Mihaileanu lors de sa sortie en salle.
Et c'était une belle claque pour les critiques omniscientes francophones et anglophones (ces derniers ont pratiquement ignoré le film à sa sortie). Je suis d'accord que d'un point de vue cinématographique ce n'est pas un chef-d'œuvre. Mais la vision du "Concert" nous laisse avec un sentiment de légèreté et de confiance dans la vie qui mériteraient de nous administrer un film comme celui-ci chaque semaine.

À partir des contrastes tragiques et comiques de la Moscou d'aujourd'hui, un chef d'orchestre, un grand, est déterminé à se venger des humiliations imposées par le régime communiste. À la douleur et aux cicatrices de l'oppression, le réalisateur oppose l'extravagance et le ridicule. La relation avec l'administration du théâtre du Châtelet à Paris, où doit jouer le "faux" orchestre Bolchoï, est, au mieux, caricaturale. Mais de la dérision et de la grossièreté émergent progressivement « l'harmonie suprême », incarnée par la relation entre le violon et l'orchestre du concert de Tchaïkovski. Harmonie entre différentes cultures. Mais surtout - et il me semble l'aspect génial du film - harmonie totale entre le premier violon et le chef d'orchestre, entre passé et présent, entre homme et femme.

À part le dialogue en situation de ciné-club, le film se prête à initier les jeunes à la musique classique.
Dès 14 ans.
lemonde [fr]  -  mymovies [it]  -  eyeforfilm [en]



Le Vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire

[Hundraåringen som klev ut genom fönstret och försvan - 2013 - 114']
Dans la maison de retraite où habite Allan Karlsson, se préparent les célébrations pour son 100e anniversaire. Mais le vieil homme en a marre de la vie de retraité et, passant par la fenêtre pour ne pas se faire remarquer, disparaît. Commence alors une comédie bien rythmée, amusante et sérieuse, où s'alternent les aventures du centenaire Allan et les événements extraordinaires auxquels il a participé lorsqu'il était plus jeune. Le film joue sur le registre de l'absurde, avec quelques personnages un peu "Forrest Gump", et avec des trouvailles qui rappellent le monde de Tim Burton.
Si l'aspect comique du film prédomine, le récit offre tout de même d'excellentes idées pour parler du troisième et quatrième âges, avec ses rythmes et ses valeurs.
Pour les plus sensibles : malgré le ton "léger", le film présente des scènes quelque peu violentes.
À partir de 16 ans.
efilmcritic [en]  -  leparisien [fr]  - comingsoon [it]



Le Fils de l'autre [2012 - 105 min.]

Le Fils de l'autre est un film à fleur de peau, à fleur de sens. Et peut-être, pourquoi pas, un film qui rend meilleur. (Le Parisien)

En Israël, lors du bombardement de l'hôpital, deux enfants sont échangés dans leurs berceaux au moment de la naissance. Un, juif, grandit "au-delà du mur" dans une famille palestinienne, tandis que celui qui se prépare à être soldat au service de l'armée israélienne découvre qu'il est palestinien ...
Joseph et Yacine doivent surmonter les préjugés millénaires, accompagnés de parents qui alternent ouvertures et refus catégoriques.
La réalisatrice française Lorraine Lévy parvient à parler de drames terribles à travers l'histoire de gens ordinaires. Les faits qui leur arrivent, petits mais exceptionnels, décrivent mieux que de nombreuses analyses politiques l’essence des problèmes de ces populations.

La découverte de l'origine de son identité est un coup destiné à bousiller les cartes des affections, des préjugés et des croyances, mais aussi à engendrer des questions sur le destin, la détermination "naturelle" et la liberté (sentieridelcinema.it).

"Ce film peut ainsi être l’occasion pour les professeurs d’histoire et de géographie mais également de morale (laïque ou confessionnelle) d’aborder la question israélo-palestinienne et surtout de prendre connaissance des points de vue antagoniques des uns et des autres, liés en particulier à des histoires différentes et contrastées."
Tiré du site Les Grignoux, qui propose un dossier pédagogique très complet (payant).

À partir de 16 ans.
mondocine [fr]  -  leparisien [fr]
rogerebert [en]  -  sentieridelcinema [it]


Le Plus beau des combats [2000 - 114 min.]

[Remember The Titans]

Sport et intégration raciale : voici un film adapté pour initier les jeunes - y compris les adolescents déchaînés - à la pratique du ciné-forum.

Nous sommes en 1971 au sud des États-Unis. Les Américains essaient de secouer la poussière cumulée par des siècles de racisme. L'une des initiatives du gouvernement est de fusionner les écoles des noirs et des blancs. C'est ce qui se passe à Alexandrie où deux lycées sont fusionnés, dont la célèbre équipe de football de l'un des lycées, les "Titans" (d'où vient le titre du film). Un grand Denzel Washington joue l'entraîneur qui doit réunir les blancs et les noirs. Lui, un homme noir, est choisi comme entraîneur principal au lieu de l'homme blanc qui, jusque-là avait, dirigé l'équipe avec succès. Bien que basé sur une histoire vraie, le film ne manque pas de lieux communs typiques d'Hollywood. Cependant, les qualités éthiques et l'humour l'emportent de loin sur les faiblesses esthétiques. Par exemple, la relation entre les deux entraîneurs - un noir et un blanc - qui devient une véritable amitié - et qui pousse les joueurs à transcender tous les préjugés et à travailler ensemble pour le bien commun : la réussite sportive. Le dépassement de la haine raciale et de l'ignorance aide à faire place à la solidarité, la tolérance, la compréhension : tous des thèmes très appropriés pour un débat.
À signaler, une expérience ciné-club en banlieue relatée dans liberation.fr
A partir de 14 ans.
chroniscope [fr]  -  filmup [it]  -  rogerebert [en]


Azur et Asmar [2006 - 99 min.]

Azur, le fils d'un noble du continent européen, est élevé par une nourrice d'Afrique du Nord, avec son fils naturel Asmar. Injustement séparés, les deux "frères de lait" se rencontrent des années plus tard dans un pays du Maghreb pour retrouver la légendaire "fée des djinns". Un conte de fées ancien et moderne qui nous enseigne la solidarité et la compréhension entre les différentes cultures. Le film est somptueux en couleur, scénario, variété de personnages.

Azur et Asmar, le blond et le brun, l'Europe et le monde arabe, se rencontrent, se respectent, se reconnaissent comme complémentaires et vivent ensemble. Un conte de fées avec une morale "légère", linéaire et claire, donc propice au dialogue même avec des enfants à partir de 6 ans. Le film peut être l'occasion d'un dialogue très riche sur la rencontre et la compréhension des différentes cultures, en plus de valeurs telles que l'amitié, la loyauté, la justice.
  • Après avoir dressé la liste des différences qui existent des "deux côtés de la mer", vous pouvez encourager les jeunes à mieux connaître les "étrangers" et à inventer des stratégies pour bien s'entendre avec eux.
  • Une autre façon de travailler peut être de retracer les moments clés de la relation entre Azur et Asmar, en soulignant ce qui les a rapprochés et ce qui les a éloignés.
À partir de 6 ans.

Vous pouvez télécharger ici une fiche pédagogique très intéressante :

 avoir-alire [fr]  - eyeforfilm [en]
filmup [it]  -  mymovies.it [it]


Super 8 [2011 - 112 min.]

Un groupe d'ados tourne un film "Super 8" de zombies lorsqu'ils découvrent une créature extraterrestre cachée par l'armée américaine.
Joe, le protagoniste du film, avec une poignée d'amis - tous des bons acteurs - parviennent à entrer en contact avec le "monstre".

Le film - excellent (à la fois pour le scénario, la photographie, le montage, etc.) - est une aventure passionnante, qui rappelle un peu l'atmosphère de "Stand by Me" et "ET l'extra-terrestre" . Malgré l'origine hollywoodienne, le film parvient à bien rendre la profondeur psychologique des personnages et à approfondir la substance de certaines relations clés :
  • Joe et son père, après la mort de la mère (qui est mentionnée au début de l'histoire) ;
  • Alice (la "flamme" de Joe) et son père, en conflit depuis des années avec celui de Joe ;
  • entre les pré-ados, avec l'idéalisme / espoirs / déceptions typiques de l'âge ;
  • entre les forces armées - avec leur logique de pouvoir - et la population civile.
Excellente aussi la mise en abyme, le "film dans le film" : dans le Super 8 que les enfants tournent sur des zombies, la fantaisie et la ténacité font des miracles (certaines scènes peuvent être un peu fortes pour les plus sensibles).

Pour présenter le film, il est peut-être utile de dire que :
il se déroule dans les années 70, lorsque les films Super 8 - avec leur support "argentique" - étaient encore utilisés, il n'y avait pas de magnétoscope, ni de caméra/téléphone numérique. N'ayant pas de téléphones portables, ils communiquaient avec le téléphone filaire. Les garçons, pour leurs communications "privées", utilisaient des talkies-walkies.

Le film se prête au dialogue sur divers sujets tels que :
  • l'amitié et ce qui la rend unique comme expérience ;
  • la mémoire, en particulier celle des proches qui ne sont plus là ;
  • la relation avec le « différent » ;
  • le cinéma et sa fonction dans notre vie.
A partir de 13 an.
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Stand By Me [1989 - 87 min.]

Quatre préadolescents d'une petite, insignifiante, provinciale, ville des États-Unis, partent à la recherche du cadavre d'un de leurs pairs, percuté par un train quelques jours plus tôt. Les garçons ont tous des problèmes familiaux. Au collège ils ne sont pas vraiment des bosseurs, mais ils excellent dans une chose : la vulgarité du langage. De petites altercations, des querelles personnelles, des insultes savoureuses à l'intention de la mère de l'autre, font partie intégrante du quotidien de leurs 12 ans. Mais au-delà de la forme - qui a un côté amusant pour les vulgarités "vintage" - cela reste un voyage initiatique passionnant avec un excellent rythme. Sortir de l'enceinte de ce qui est connu, de la sécurité familiale, demande du courage et de la volonté. C'est l'amitié, la valeur qui sous-tend tout le film - mise à l'épreuve plusieurs fois - qui aide à trouver à la fois le courage et la force de passer tous les tests.
À partir de 12 ans.

Pistes pour favoriser la réflexion et le dialogue après la projection :
  • Quels sont les moments les plus difficiles du film ?
  • Et les plus drôles ?
  • Quelles sont les valeurs mises en avant par le film ?
  • La nature n'est-elle que l'arrière-plan ou joue-t-elle un rôle important dans l'histoire ?
  • Que représente "le monstre" dans le film ?
    (Une fois que les garçons lui font face, il leur fait découvrir la différence entre mythe et réalité.)
  • Quel est le moment le plus "dangereux" du film ? Pourquoi ?
  • Quelles sont les craintes que les enfants doivent surmonter ?
  • Où le courage se manifeste-t-il le mieux ?
  • Où ressentent-ils particulièrement la "présence" de leur corps et la douleur ?
  • Quel effet la vision du cadavre a-t-elle eu sur vous ?
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Little Miss Sunshine [2006 - 101 min.]

Voici un film drôle, qui nous projette au cœur des relations tumultueuses d'une famille très "déphasée". Olive, 7 ans, rêve de participer à un concours de "petites reines" - style Miss America pour filles. À la maison, son grand-père, qui renifle de la coke, l'aide à préparer un numéro pour la compétition (il a été expulsé de la maison de retraite car il trafiquait de la drogue). Richard, le père, cherche désespérément le succès éditorial avec son "Handbook for Success". Dwayne, le frère aîné, a fait vœu de silence et semble détester tout le monde. La mère, Sheryl, tient les morceaux ensemble comme elle peut, et doit également s'occuper du frère homosexuel qui a tenté de se suicider et qui vient vivre à la maison. Après d'intenses négociations, la famille entreprend un long voyage en mini-bus pour accompagner Olive à la compétition tant convoitée. Chaque memebre de la famille est quelque part "perdant" et devient alors témoin de la dissolution du rêve américain. Mais cette aventure sera aussi l'occasion d'apprendre à voir les relations familiales sous un nouveau jour. Le voyage, pour le moins mouvementé, redéfinira les relations et donnera à chacun l'opportunité, de manière inattendue et imprévisible, de se réconcilier avec soi-même et avec les autres.

Pour les situations paradoxales et quelques références sexuelles explicites (soft), le film n'est pas pour tout le monde, mais presque ...
De 14 ans.
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Elephant Man [1980 - 123']

"Celle de David Lynch n'est pas une invitation au piétisme. Il veut que nous prenions conscience que l'esprit ne doit pas être considéré comme l'esclave du corps qui l'héberge." [Claude Baignères, L’Aurore]

John Merrick est né avec une apparence monstrueuse due à une maladie rare. Exploité pendant des années comme un phénomène de cirque, il a été découvert par le chirurgien Frederick Treves (un excellent Anthony Hopkins). Le célèbre médecin londonien commence simplement par l'étude du cas. L'homme-éléphant, cependant, se révèle être une personne très sensible et raffinée et une profonde amitié naît entre les deux. Frederick Treves se bat alors pour faire accepter John par la société qui - alors comme aujourd'hui - craint ce qu'elle ne connait pas. Une photographie en noir et blanc et un tournage "à l'ancienne" servent la grandeur d'esprit d'un personnage qui nous rappelle quelques vérités fondamentales. On peut citer entre autres :
  •     Je suis heureux à chaque heure de la journée.
  •     Ma vie est pleine parce que je sais que je suis aimé.
  •     J'ai trouvé le vrai moi-même.
L'acteur John Hurt parvient à rendre les sentiments du "monstre" avec une interprétation magnifique.
En plus de nous faire passer un moment de grand cinéma, "Elephant Man" peut stimuler un dialogue intéressant sur l'acceptation du "différent", mais aussi sur la façon dont chacun de nous parvient à accepter ses petites ou grandes "monstruosités" personnelles.
"L'histoire de l'homme-éléphant véhicule des archétypes que chacun a en soi. Curieusement, les gens s'identifient à ce personnage. En particulier les minorités se sont identifiées à John Merrick parce qu'il a enduré son malheur d'une manière si belle qu'il inspire l'admiration. " [extrait d'une interview avec le réalisateur David Lynch]
A partir de 14 ans.
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L'Odyssée de Pi [Life of Pi - 2012 - 127 min.]

L'histoire de Pi Patel commence à Pondichéry - au sud-est de l'Inde - où il grandit dans le zoo dirigé par son père. Pi est un garçon très sensible et il est attiré par les grandes religions qu'il rencontre : le christianisme, l'islam et, bien sûr, l'hindouisme, qui imprègne la culture environnante et qui inspire son syncrétisme. Le zoo est un monde magique, mais aussi une leçon de vie, où l'apparente "gentillesse" d'un tigre peut avoir des conséquences tragiques. Quand Pi a environ 16 ans, sa famille doit vendre le zoo pour émigrer au Canada. Ils partent par bateau en emmenant les animaux avec eux, dans l'espoir de les revendre à bon prix en Amérique du Nord. Mais au beau milieu de l'océan, le navire rencontre une terrible tempête et il coule. Après cette nuit tragique, Pi se retrouve sur un canot de sauvetage avec un zèbre, une hyène et le tigre appelé Richard Parker. Lorsque le tigre aura mangé le zèbre et la hyène, pour Pi la coexistence avec l'animal le plus redouté du zoo deviendra très aventureuse ...

Adapté du roman de Yann Martel du même titre, le film est plus réussi que le livre. En effet ce dernier se perd dans un exercice formel dans les derniers chapitres. Le film, en plus de maintenir le rythme avec adresse, fait un bon usage des effets spéciaux, largement utilisés (le producteur n'a pas lésiné sur les moyens, avec un investissement de 120 millions de dollars US). Le pari est réussi : la photographie est magnifique.

L'Odyssée de Pi se prête au dialogue sur différents sujets :
  •     l'écologie;
  •     le sens de la vie;
  •     notre place dans l'univers;
  •     la place du fantastique dans notre vie;
  •     la difficulté comme opportunité de croissance;
  •     la découverte (ou la non-découverte) de Dieu dans l'épreuve.
L'Odyssée de Pi sera particulièrement appréciée des adolescents, tout en représentant un excellent spectacle pour adultes. Certaines scènes avec le tigre sont un peu violentes, bien que les détails des tueries ne soient pas montrés. Recommandé pour les 14 ans et plus.

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Démineurs [2008 - 131 min.]

[ The Hurt Locker ]

" La fureur de la bataille provoque souvent une dépendance mortelle, car la guerre est une drogue. "
La guerre qui se déroule dans ce film est particulièrement sale, subtile, habitée d'ennemis invisibles qui n'hésitent pas à faire exploser des civils non armés. Mais ceux qui tentent de contenir cette vague de violence ont peu du héros classique. Super-homme et super-fragile, le démineur William James (incarné par le grand Jeremy Renner) apparaît comme un inconscient à la recherche d'émotions fortes. Et les émotions dans le film ne manquent pas, assorties de suspense et d'une certaine dose de violence. Malgré cela, le film est à recommander pour l'acuité de l'analyse de la psyché masculine. Le héros apparaît, en effet, génial sur le champ de bataille, et incohérent dans les responsabilités familiales. La réalisatrice, Kathryn Bigelow, est la première et seule femme à avoir reçu l'Oscar du " meilleur réalisateur " grâce à Démineurs.  Elle suggère un certain manque de "courage quotidien" des protagonistes : ce courage qui permet de faire face à la routine familiale, ouverte à la vie, par opposition aux champs de bataille.
Le film propose des arguments solides pour un dialogue avec un public adulte. Personnes particulièrement sensibles s'abstenir. À partir de 16 ans.

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Radio [2003 - 105 min.]

 " Si vous cherchez un film dans lequel ce ne sont pas les bombes qui explosent mais les émotions, où le but n'est pas de blesser mais de guérir, et si vous voulez voir une histoire américaine peuplée de gens simples, avec de beaux visages, qui prennent des décisions complexes au nom de la tolérance, courez voir Radio "(Francesco Alò, Il Messaggero). C'est l'histoire vraie de James Kennedy, un garçon noir handicapé mental, appelé "Radio" pour sa manie de collectionner des postes de radio. L'entraîneur de l'équipe de football américaine locale s'intéresse au garçon simplement parce que "cela semble juste", en l'intégrant dans la vie de l'équipe en fonction de ses capacités limitées. Les préjugés et la méchanceté ne manquent pas, tant chez les jeunes que chez les adultes, qui considèrent la présence de Radio comme une "perturbation", une anomalie. Coach Jones (l'entraîneur), avec persévérance et défiant les préjugés, pourra secouer les gens "bien" de la petite ville du sud pour les aider à surmonter leurs peurs. Cette démarche montrera clairement ce qui est l’important : "c'est bien plus ce que nous recevons d'une telle personne que ce que nous donnons".

Un excellent film pour parler des préjugés, de l'exclusion et du délicat équilibre que chacun doit trouver entre la vie publique et les engagements familiaux.
A partir de 12 ans.

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